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Crise de l’essence en Grande-Bretagne, peut-elle arriver en France ?

La « crise de l’essence » en Grande-Bretagne a toutes les connotations du Brexit, mais pas seulement. De nombreuses erreurs ont conduit le pays à connaître des pénuries de carburant et l’action des journaux, alarmistes par nature, n’a pas été négligeable. Le gouvernement l’a fait savoir : les dépôts sont pleins.

Le problème semble donc résider, plus que dans la crise sanitaire comme certains l’ont écrit, dans la crise politique et humanitaire (au sens de fuite du pays) due au Brexit, c’est-à-dire à la porte de sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe. Les Britanniques avaient été prévenus : la sortie ferait des dégâts. Les premiers signes ont été les longues files d’attente des camions à l’Eurotunnel.

Ce qui a provoqué la crise pétrolière, c‘est le manque d’employés dans le secteur des transports, une pénurie que notre pays a également connue et continue de connaître. Les mêmes raisons qui ont fait échouer l’appel à la conduite en Angleterre se sont présentées en France cette année. Ce n’est pas tant le salaire, qui, bien que plus bas que dans d’autres pays, reste « adéquat », que la difficulté économique et technique d’obtenir un permis. En bref, ce n’est pas un métier qui s’invente du jour au lendemain.

Grande-Bretagne : crise pétrolière et panique

Plus qu’une crise de l’essence, c’est une panique de l’essence en Grande-Bretagne. Il n’y a pas de pénurie de carburant, a déclaré George Eustice. Ministre de l’environnement et de l’agriculture du Royaume-Uni, qui a confirmé : « Les dépôts et les raffineries sont pleins« . Le problème est la répartition sur le territoire.

Sans travailleurs du transport, sans chauffeurs routiers, l’essence ne va pas du point A au point B et c’est ce qui a provoqué la véritable crise de l’essence. Cependant, comme je l’ai dit au début, une grande partie du travail a été effectuée par les médias. Cela a donné aux nouvelles un ton alarmiste et a incité des milliers de personnes à faire la queue pour faire le plein d’essence. La conséquence a été que toutes les stations d’essence n’ont pas pu être remplies à temps.

La crise pétrolière et la vaine requête des camionneurs de la zone euro. Depuis longtemps, les associations sectorielles, telles que la Road Haulage Association, demandent l’autorisation de recruter des travailleurs de la zone euro. Ce n’est pas un problème nouveau : la pénurie de travailleurs spécialisés dans la conduite de poids lourds était déjà en cours, la pandémie et le Brexit ont fait le reste. Certains parlent de 25 000 demandes, mais en vérité le nombre de chauffeurs routiers disparus est plus proche de 100 000.

Le gouvernement avait pourtant initialement refusé l’ouverture aux laveurs étrangers, appelant les associations à rechercher des chauffeurs de camions dans le pays. Les experts n’ont pas été trouvés, du moins pas à temps, ce qui a provoqué ce que l’on appelle désormais la « crise de l’essence ».

Solution à la crise pétrolière : faire revenir les camionneurs européens dans le pays

Face à l’évidence, même le Premier ministre britannique a dû admettre la nécessité d’accorder des visas de travail aux Européens. Il n’a pas été possible de former les chauffeurs de camions à temps, Logistic UK a fait remarquer que cela prend habituellement neuf mois. Ce délai est manifestement trop long pour surmonter la crise.

Boris Johnson a donc eu recours à la première solution, celle d’accorder des visas de travail aux chauffeurs routiers et aux experts en transport. Des rumeurs faisaient état de seulement 5 000 visas, contre une demande de près de 25 000 conducteurs. Finalement, un compromis a été trouvé avec l’aile la plus anti-européenne en accordant 10 500 visas de travail.

La crise pétrolière peut-elle également se produire en France ?

Le scénario britannique est effrayant. Ces jours-ci, nous voyons des images de longues files d’attente, de réservoirs vides et, surtout, de supermarchés en pénurie de toutes sortes de marchandises, y compris de produits de première nécessité. Avant de devoir affronter le même type de crise, nous devrions nous poser une question.

Une crise similaire peut-elle se produire en France ? La réponse est oui, et elle n’est même pas si éloignée de la réalité actuelle. La crise du secteur dure depuis plusieurs années, bien avant le déclenchement de la pandémie. De nombreuses entreprises ont créé des annonces en ligne, augmenté le salaire et proposé de payer une partie des frais d’acquisition d’une licence, mais rien.

La France fait actuellement largement appel aux travailleurs étrangers, un peu comme la Grande-Bretagne, mais la demande de chauffeurs de poids lourds ne cesse de croître. Il se développe au rythme du commerce numérique, de la mondialisation des produits et de la demande.

Il serait bon d’encourager les chômeurs et les jeunes à se lancer dans cette profession, ou d’ouvrir les portes aux travailleurs étrangers légaux. La demande est croissante, à tel point que les associations nationales demandent au gouvernement de créer un quota de visas de travail pour recruter des immigrants. Cette solution, ainsi qu’une plus grande capacité à attirer les jeunes, devrait permettre de résoudre la crise du secteur et, en même temps, d’éviter que notre pays ne connaisse la même « crise de l’essence » que la Grande-Bretagne.